eIDAS 2.0 expliqué : ce que cela signifie pour votre entreprise
Le règlement eIDAS révisé de l'Union européenne introduit un cadre contraignant pour l'identité numérique dans l'ensemble des États membres. Il impose l'European Digital Identity Wallet et crée le fondement juridique permettant aux organisations d'émettre, de conserver et de vérifier des credentials susceptibles d'être reconnus au-delà des frontières. Credenco a été conçu pour cette réalité dès le départ.
Découvrir la Business WalletQu'est-ce qu'eIDAS 2.0 ?
eIDAS 2.0 est la révision du règlement européen de 2014 relatif à l'identification électronique et aux services de confiance. Alors que le règlement initial portait principalement sur les signatures électroniques, la révision de 2024 en élargit considérablement le champ d'application : elle introduit l'European Digital Identity Wallet comme infrastructure obligatoire pour l'ensemble des États membres de l'UE.
Lire le règlement (UE) 2024/1183 sur EUR-Lex
Pour les organisations, cela signifie disposer d'un cadre juridique pour émettre et vérifier des credentials numériques : des immatriculations d'entreprise et attestations de conformité fiscale aux qualifications professionnelles et certificats d'assurance. Une attestation électronique d'attributs qualifiée et des attestations d'attributs délivrées par un organisme du secteur public responsable d'une source authentique ou pour son compte ont le même effet juridique que des attestations délivrées légalement sur papier, et une telle attestation délivrée dans un État membre est reconnue dans tous les États membres. Toute autre attestation électronique ne peut être privée d'effet juridique ni voir sa recevabilité comme preuve en justice écartée au seul motif qu'elle se présente sous une forme électronique ou qu'elle n'est pas qualifiée.
Les actes d'exécution s'appuient sur des standards ouverts comme W3C Verifiable Credentials et ISO mdoc, et l'Architecture and Reference Framework y ajoute OpenID4VC pour l'émission et la présentation des credentials. Tout wallet répondant aux exigences techniques peut y participer. Cela évite la dépendance à un fournisseur unique et permet l'émergence d'un véritable écosystème européen de confiance numérique.
Pourquoi c'est important
D'ici fin 2026, les États membres de l'UE devront offrir aux citoyens et aux entreprises l'accès à un wallet d'identité numérique. Les organisations qui émettent ou vérifient des documents liés à l'identité (des chambres de commerce aux banques, assureurs et plateformes d'achat) travailleront de plus en plus avec des credentials vérifiables plutôt qu'avec des PDF et des e-mails.
Les précurseurs bénéficient d'un avantage structurel : intégration plus rapide, risque de fraude réduit, contrôles de conformité automatisés et préparation aux réglementations obligatoires avant leur entrée en vigueur. Les organisations qui attendent devront faire face à une transition accélérée, plus coûteuse et plus perturbatrice.
D'eIDAS 1 à eIDAS 2.0 : ce qui a changé et pourquoi
Le premier règlement eIDAS, Regulation (EU) No 910/2014, faisait deux choses. Il rendait les schémas nationaux d'identité électronique reconnaissables au-delà des frontières, de sorte qu'un identifiant délivré dans un État membre pouvait ouvrir un service public dans un autre. Il donnait aussi aux services de confiance comme les signatures électroniques, les cachets et les horodatages une base juridique valable partout dans l'Union.
Dans les faits, la première moitié n'est jamais vraiment arrivée. La notification d'un schéma national était facultative : au début des années 2020, une large part des Européens n'avait aucune identité électronique notifiée, et les schémas existants fonctionnaient rarement hors de leur propre pays. Rien n'obligeait non plus les organisations privées à les accepter, ce qui a conduit banques, opérateurs télécoms et plateformes à construire leurs propres contrôles d'identité.
eIDAS 2.0, Regulation (EU) 2024/1183, conserve les services de confiance et reconstruit le volet identité autour du titulaire. Chaque État membre doit désormais proposer un wallet, et non plus seulement avoir la faculté de notifier un schéma, un groupe défini d'organisations privées doit l'accepter, et les faits vérifiés concernant une personne ou une entreprise deviennent un service de confiance à part entière. Le titulaire décide de ce qui est partagé à chaque transaction, et c'est ce basculement qui fait fonctionner tout le reste.
Pour une entreprise, la différence pratique tient au sens de l'histoire. Sous l'ancien cadre, vous choisissiez de prendre en charge ou non l'identité électronique, et vous concluiez généralement que le jeu n'en valait pas la chandelle. Sous le nouveau, l'infrastructure arrive de toute façon, vos contreparties en disposent gratuitement, et la question devient celle de la vitesse à laquelle vous saurez l'exploiter.
À qui s'applique eIDAS 2.0, et à partir de quand
eIDAS 2.0 s'applique à deux niveaux. Les États membres doivent construire et exploiter l'infrastructure du European Digital Identity Wallet et la mettre à disposition des citoyens et des entreprises. Les organisations qui émettent ou vérifient des documents liés à l'identité, notamment les chambres de commerce, les banques, les assureurs, les administrations publiques et les plateformes d'achat, doivent pouvoir émettre des credentials vers ce wallet ou accepter des credentials présentés depuis celui-ci.
Le déploiement suit un calendrier fixe. D'ici fin 2026, chaque État membre de l'UE doit offrir aux citoyens et aux entreprises l'accès à un wallet d'identité numérique. Avant cette date, les organisations qui émettent ou vérifient des credentials sont censées disposer de la capacité technique pour travailler avec des credentials basés sur un wallet, la demande des détenteurs de wallet apparaissant dès que le wallet lui-même devient disponible.
En pratique, se préparer implique trois choses : aligner les formats de credentials sur les standards sur lesquels repose le portefeuille (W3C Verifiable Credentials, mdoc, OpenID4VC), se connecter à un registre de confiance afin que les credentials émis puissent être vérifiés sans contacter directement l'émetteur, et adopter une architecture de protection de la vie privée dès la conception qui conserve les credentials dans le wallet du détenteur plutôt que dans un registre partagé, et ne partage que les attributs dont le vérificateur a besoin. Les organisations qui s'y prennent tôt évitent la transition accélérée, les coûts plus élevés et les perturbations liés à une attente jusqu'à l'approche de l'échéance.
Le calendrier eIDAS 2.0
eIDAS 2.0 n'arrive pas à une seule date. Le texte se déploie par étapes, et l'étape qui compte le plus pour vous dépend de votre secteur d'activité.
Deux de ces dates sont de véritables obligations et elles sont séparées de douze mois. La première lie les administrations publiques, mais les organisations privées la ressentent presque aussi vite, car c'est à ce moment que les wallets atteignent les personnes qu'elles servent et que les demandes commencent à arriver.
20 mai 2024
Le règlement entre en vigueur
Le règlement (UE) 2024/1183 est devenu du droit applicable dans toute l'Union. Il révise le règlement eIDAS de 2014 et fait de l'European Digital Identity Wallet une obligation légale plutôt qu'un projet pilote.
28 novembre 2024
Les premiers actes d'exécution
La Commission européenne a adopté les premières spécifications techniques et règles de certification du portefeuille. Elles sont entrées en vigueur le 24 décembre 2024, et c'est ce qui déclenche le compte à rebours des échéances ci-dessous.
24 décembre 2026
Des portefeuilles disponibles dans chaque État membre
Chaque État membre doit proposer aux citoyens, aux résidents et aux entreprises au moins un European Digital Identity Wallet, gratuit pour les particuliers. Les administrations publiques doivent ensuite l'accepter partout où elles exigent déjà une identification électronique pour un service en ligne, y compris de la part d'utilisateurs d'autres États membres.
24 décembre 2027
L'acceptation devient obligatoire dans les secteurs réglementés
Les organisations privées tenues d'utiliser une authentification forte de l'utilisateur, par la loi ou par contrat, doivent accepter le portefeuille chaque fois qu'un utilisateur choisit de s'en servir. Cela concerne des secteurs comme la banque, les télécommunications, l'énergie, le transport, la santé et l'éducation.
En cours
L'European Business Wallet
Le 19 novembre 2025, la Commission a proposé un règlement distinct pour les European Business Wallets, un portefeuille construit autour des données d'entreprise, des mandats et des formalités administratives plutôt que de l'identité des personnes. Le texte suit encore le processus législatif, aucune date n'est donc fixée.
Ce que les États membres doivent livrer, et pour quand
L'obligation principale est le wallet lui-même. Au plus tard le 24 décembre 2026, chaque État membre doit proposer au moins un European Digital Identity Wallet, gratuit pour les personnes physiques, et veiller à ce qu'il fonctionne pour les citoyens, les résidents et les entreprises. Les administrations publiques doivent l'accepter à partir de cette même date, dans leur propre pays et pour les titulaires de tout autre État membre.
Derrière le wallet se trouve une mécanique tout aussi importante pour une entreprise et qui attire bien moins l'attention. Les États membres doivent faire en sorte que les données d'identification des personnes puissent être délivrées dans le wallet, et que des sources authentiques telles que les registres du commerce, les registres de l'éducation et les ordres professionnels puissent fournir leurs données par voie électronique. Ils doivent aussi certifier les solutions de wallet et publier la liste de celles qui sont approuvées.
Deux de ces livrables sont ceux dont une partie utilisatrice dépend au quotidien. Il doit exister un moyen de vérifier gratuitement qu'un wallet présentant une attestation est authentique et toujours valide. Et il doit exister un registre national des parties utilisatrices, dans lequel votre propre organisation s'inscrit avant de pouvoir demander quoi que ce soit à un wallet.
Les avancées sont inégales : surveillez votre propre État membre plutôt que la moyenne européenne. La date est la même partout, mais l'autorité qui tient le registre des parties utilisatrices, la durée de l'inscription et les sources authentiques raccordées en premier relèvent de décisions nationales. Ce sont elles qui déterminent le moment où vous pourrez réellement commencer.
Les services de confiance expliqués aux entreprises
Les services de confiance sont la partie d'eIDAS que la plupart des entreprises utilisent déjà sans la nommer. Ce sont eux qui donnent un poids juridique à un document ou à un message électronique : signer, cacheter, horodater, envoyer en recommandé et, désormais, attester de faits concernant une personne ou une organisation.
Le mot qui compte est qualifié. Un service qualifié provient d'un prestataire supervisé et publié sur une liste de confiance nationale, et il bénéficie d'une présomption légale dans chaque État membre. Un tribunal part du principe que la signature, le cachet ou l'horodatage est bien ce qu'il prétend être, et c'est à celui qui le conteste d'en apporter la preuve. Un service non qualifié peut rester une excellente preuve, mais c'est à vous de l'établir.
Signature électronique qualifiée (QES)
Une personne nommément identifiée qui signe. Sa signature produit les mêmes effets juridiques qu'une signature manuscrite dans chaque État membre, ce qui explique sa présence dans les contrats, les actes notariés et les dépôts qui exigeaient autrefois de l'encre.
Cachet électronique qualifié
C'est l'organisation qui se porte garante d'un document, et non une personne. Le cachet montre que le document provient bien de votre entreprise et n'a pas été modifié depuis, ce qui convient aux factures, aux relevés et à tout ce qui est émis en masse.
Horodatage électronique qualifié
La preuve qu'une chose existait sous une forme donnée à un instant donné. Son exactitude est présumée, ce qui règle les discussions sur les échéances, les versions et l'ordre dans lequel les événements se sont produits.
Attestation électronique qualifiée d'attributs (QEAA)
Un fait vérifié concernant une personne ou une entreprise, contrôlé auprès d'une source authentique et délivré sous forme d'attestation. Un diplôme, une qualification professionnelle, une immatriculation d'entreprise ou un mandat entrent tous dans ce cadre.
Service qualifié de délivrance électronique de courrier recommandé (QERDS)
L'équivalent numérique du courrier recommandé. Il vous donne la preuve de ce qui a été envoyé, par qui, à qui et à quel moment c'est arrivé, sans que personne n'imprime d'accusé de réception.
Les services de confiance et le wallet sont les deux moitiés d'un même tableau. Le wallet détermine comment une attestation parvient à l'autre partie et ce que son titulaire choisit de révéler, tandis que les services de confiance font tenir le contenu par la suite. La plupart des organisations en utilisent finalement plusieurs à la fois : un cachet sur ce qu'elles émettent, une attestation pour les faits dont elles peuvent se porter garantes, et une signature partout où une personne doit s'engager.
Qui doit accepter le portefeuille
À partir du 24 décembre 2027, accepter l'European Digital Identity Wallet cesse d'être facultatif pour une grande partie du secteur privé. L'obligation suit l'exigence d'authentification forte de l'utilisateur : c'est donc votre manière d'identifier les personnes qui décide, et non l'étiquette de votre secteur.
- Banque et services financiers
- Télécommunications
- Énergie et services publics
- Transport
- Santé
- Sécurité sociale
- Services postaux
- Infrastructures numériques
- Éducation
- Très grandes plateformes en ligne
La règle se lit plus facilement à travers des exemples. Une banque effectue déjà un contrôle fort lorsqu'une personne ouvre un compte ou confirme un paiement : le wallet doit donc devenir l'un des moyens de satisfaire ce contrôle. Un opérateur télécom qui vérifie une identité avant d'activer un abonnement, un fournisseur d'énergie qui transfère un contrat et un assureur santé qui enregistre un nouvel adhérent se trouvent tous dans la même situation.
Il en va de même bien au-delà des secteurs réglementés les plus évidents. Une université qui inscrit des étudiants, un opérateur de transport qui délivre un badge au personnel, un organisme de sécurité sociale qui verse des prestations et une très grande plateforme en ligne qui connecte ses utilisateurs relèvent tous de l'obligation dès qu'ils authentifient quelqu'un. Si vous faites déjà passer vos usagers par un contrôle d'identité formel en ligne, partez du principe que vous êtes concerné et avancez à partir de là.
Deux limites méritent d'être gardées en tête. L'obligation est déclenchée par l'utilisateur, qui demande à se servir de son wallet plutôt que de se le voir imposer, et elle porte sur l'étape d'identification, pas sur toute la relation. Ce n'est pas non plus un permis d'en demander davantage : vous ne pouvez réclamer que les données couvertes par votre inscription en tant que partie utilisatrice, soit, dans la plupart des cas, moins qu'un document scanné ne vous en aurait donné.
Les administrations publiques ouvrent la marche. Dès que les portefeuilles sont disponibles, ce qui doit être le cas au plus tard le 24 décembre 2026, elles doivent les accepter partout où elles exigent déjà une identification électronique, dans leur propre pays et pour les citoyens des autres États membres.
Les microentreprises et les petites entreprises sont exemptées de l'obligation d'acceptation. Les très grandes plateformes en ligne désignées au titre du Digital Services Act y sont soumises dès lors qu'elles authentifient des utilisateurs, même si le règlement ne leur fixe pas de date distincte.
Si votre organisation ne figure sur aucune des deux listes, la question pratique reste la même. Chaque vérification d'identité que vous réalisez aujourd'hui peut devenir une attestation présentée depuis un portefeuille en quelques secondes, avec moins de fraude, aucune gestion de documents et aucune donnée à conserver et à protéger vous-même.
Quel rapport avec le European Business Wallet
Le European Digital Identity Wallet est conçu autour d'une personne. C'est la bonne forme pour prouver qui se trouve en face de vous, et la mauvaise pour la plupart des processus entre entreprises, qui portent sur l'organisation : quelle entité juridique vous avez en face, qui peut agir pour elle et jusqu'où va ce pouvoir.
eIDAS 2.0 permet déjà à une organisation de détenir des attestations et d'en recevoir qui la concernent, si bien que les données d'entreprise peuvent circuler dans un wallet dès aujourd'hui. Ce qu'il ne règle pas, c'est la couche administrative qui l'entoure : mandats, pouvoirs de représentation, dépôts et échange de documents entre entreprises et administrations, qui passe encore par des portails et des courriels.
Le 19 novembre 2025, la Commission européenne a proposé un règlement distinct pour le European Business Wallet afin de couvrir précisément cette couche. Il suit encore le processus législatif : aucune date ne permet donc de planifier, et personne ne devrait l'attendre avant d'agir.
La préparation utile n'est pas technique. Décidez dès maintenant qui, dans votre organisation, est responsable des attestations d'entreprise et qui peut engager la société, car c'est ce que tout wallet devra exprimer. Se mettre d'accord en interne prend généralement plus de temps que de construire l'intégration.
La supervision, et le coût du retard
eIDAS 2.0 est supervisé, et non déclaratif. Chaque État membre désigne un organisme qui contrôle les prestataires de services de confiance qualifiés et peut retirer le statut qualifié, ainsi qu'un organisme qui supervise les fournisseurs de wallet opérant sur son territoire. Les autorités de protection des données conservent leur rôle propre partout où des données personnelles sont en jeu, c'est-à-dire presque partout sur ce sujet.
L'inscription en tant que partie utilisatrice est l'élément qui touche le plus directement les entreprises ordinaires. Comme votre inscription précise ce que vous êtes autorisé à demander à un wallet, en demander plus est visible, signalable et susceptible d'une action de l'autorité de supervision. Les États membres doivent prévoir des sanctions en cas de manquement au règlement et les rendre effectives, proportionnées et dissuasives, les montants étant fixés au niveau national.
Pour la plupart des organisations, le premier coût du retard n'est pourtant pas une amende. C'est un client capable de prouver quelque chose en quelques secondes à qui l'on demande de téléverser un scan, un concurrent qui l'intègre l'après-midi même, et une question d'achat à laquelle vous ne savez pas bien répondre.
Le second coût est celui du calendrier. Tout ce qui figure sur la liste ci-dessous demande des mois de préparation plutôt que des semaines, et tout doit se produire dans la même fenêtre que pour les autres. Commencer tôt, c'est surtout éviter de disputer plus tard une attention devenue rare.
Comment se préparer : une liste pratique
L'essentiel de la préparation est organisationnel plutôt que technique. Ce sont ces étapes qui prennent le plus de temps, et c'est donc par elles qu'il faut commencer.
Traitez-les à peu près dans l'ordre. Les trois premières déterminent à quoi s'applique le changement, ce que vous placerez dans un wallet et les formalités que vous devez à votre État membre, et rien du reste ne peut être achevé avant que ces points soient tranchés.
Cartographier vos parcours d'onboarding et de KYC
Listez chaque point où vous demandez à quelqu'un de prouver qui il est, pour qui il travaille ou ce pour quoi il est qualifié. C'est là qu'une attestation présentée depuis un portefeuille remplace un document, un dépôt sur un portail ou un appel téléphonique. La liste est en général plus longue que prévu, et tout le reste se planifie à partir d'elle.
Décidez ce que vous pouvez émettre, pas seulement ce que vous accepterez
La plupart des organisations commencent par la vérification, car c'est là que se situe l'obligation légale. L'opportunité la plus importante se trouve pourtant de l'autre côté. Chaque déclaration que vous rédigez déjà sur papier à en-tête, d'une attestation d'emploi à une adhésion ou un certificat, peut être émise sous forme d'attestation que son titulaire réutilise sans jamais revenir vers vous.
Déterminer si vous devez vous enregistrer comme partie utilisatrice
Toute entité qui demande des données à un portefeuille doit être enregistrée dans son État membre et ne peut demander que ce que cet enregistrement couvre. Identifiez l'organisme national compétent dans votre pays et ce qu'il attend de vous. C'est une démarche administrative avec un délai, donc à engager avant le travail technique.
Choisir entre construire et utiliser un service
Construire votre propre infrastructure de portefeuille suppose d'implémenter les normes, de passer la certification et de suivre des spécifications encore mouvantes. Un service déplace ce travail vers un prestataire et vous laisse l'intégration à vos propres systèmes. La vraie comparaison n'est pas le coût de licence contre zéro, c'est le coût de licence contre une équipe.
Anticiper l'European Business Wallet
L'identité des personnes ne représente que la moitié du sujet. Si vos processus sont interentreprises, décidez dès maintenant qui porte les attestations d'entreprise, les mandats et le pouvoir d'agir au nom de l'organisation. Cette question de responsabilité est organisationnelle et survit généralement à tout choix technique.
Lancer un pilote avant l'échéance
Choisissez un parcours, un type d'attestation et un partenaire, puis mettez le tout entre les mains d'un petit groupe d'utilisateurs réels. Un pilote transforme les questions ouvertes en une courte liste de corrections concrètes, tant qu'il reste du temps. Il vous donne aussi quelque chose à montrer en interne, ce qui débloque souvent le budget pour la suite.
Les standards sur lesquels nous nous appuyons
Credenco met en œuvre l'ensemble des standards européens et internationaux relatifs à l'identité numérique et aux credentials vérifiables.
eIDAS 2.0
Le règlement européen révisé relatif à l'identification électronique et aux services de confiance. Il impose l'European Digital Identity Wallet et établit un cadre juridique pour les credentials vérifiables dans l'ensemble des États membres de l'UE.
W3C Verifiable Credentials
Le standard ouvert mondial pour les attestations numériquement vérifiables. Les credentials émis dans ce format peuvent être vérifiés de manière indépendante, sans contacter l'émetteur.
OpenID4VC
Une suite de protocoles (OID4VCI, OID4VP) qui permet l'émission et la présentation interopérables de credentials entre wallets et vérificateurs.
RGPD
Le Règlement général sur la protection des données de l'Europe. Le Business Wallet de Credenco conserve les credentials dans le wallet propre à chaque organisation plutôt que dans un registre partagé, et permet aux détenteurs de ne divulguer que les attributs dont le vérificateur a besoin.
Comment Credenco s'aligne
La Business Wallet de Credenco est conçue dès l'origine pour répondre aux exigences d'eIDAS 2.0. Elle met en œuvre les W3C Verifiable Credentials, OpenID4VC pour l'émission et la présentation des credentials, et vérifie la confiance des émetteurs par rapport aux listes de confiance eIDAS de l'UE, garantissant que chaque credential émis via Credenco bénéficie de la confiance fondée sur des standards exigée par le règlement.
Les credentials sont conservés dans le wallet propre à chaque organisation, et non dans un registre partagé, et les détenteurs ne divulguent que les attributs dont le vérificateur a besoin. Cette architecture fondée sur la protection de la vie privée dès la conception n'est pas un ajout a posteriori : c'est un principe de conception fondamental, directement aligné à la fois sur le RGPD et sur les exigences du wallet d'eIDAS 2.0.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'eIDAS 2.0 ?
eIDAS 2.0 est la révision de 2024 du règlement de l'Union européenne relatif à l'identification électronique et aux services de confiance. Il introduit le European Digital Identity Wallet comme infrastructure obligatoire pour chaque État membre de l'UE et crée un cadre juridique pour l'émission et la vérification de credentials numériques susceptibles d'être reconnus au-delà des frontières.
À qui s'applique eIDAS 2.0 ?
eIDAS 2.0 s'applique aux États membres de l'UE, qui doivent proposer aux citoyens et aux entreprises un wallet d'identité numérique, ainsi qu'aux organisations qui émettent ou vérifient des documents liés à l'identité, notamment les chambres de commerce, les banques, les assureurs, les administrations publiques et les plateformes d'achat.
Quand eIDAS 2.0 entre-t-il en vigueur ?
Le règlement est en vigueur depuis le 20 mai 2024, mais les obligations arrivent par étapes. Au plus tard le 24 décembre 2026, chaque État membre doit proposer au moins un European Digital Identity Wallet, que les administrations publiques devront ensuite accepter. Au 24 décembre 2027, l'obligation d'acceptation atteint les organisations privées des secteurs réglementés.
Quelle est l'échéance eIDAS 2.0 pour mon entreprise ?
Déduisez-la de votre manière d'identifier les personnes, pas de votre secteur. Les organismes publics doivent accepter le portefeuille dès qu'il est disponible, c'est-à-dire au plus tard le 24 décembre 2026. Les organisations privées tenues d'utiliser une authentification forte de l'utilisateur, par la loi ou par contrat, ont jusqu'au 24 décembre 2027. Les très grandes plateformes en ligne désignées au titre du Digital Services Act doivent l'accepter partout où elles demandent aux utilisateurs de se connecter. Les microentreprises et les petites entreprises en sont exemptées.
Une petite entreprise doit-elle accepter le portefeuille ?
Non. Les microentreprises et les petites entreprises sont exemptées de l'obligation d'acceptation. Être exempté ne veut pas dire ne pas être concerné : dès que clients, fournisseurs et collaborateurs auront un portefeuille, ils voudront s'en servir, et les organisations qui l'acceptent les intégreront plus vite.
Par quoi commencer pour nous préparer ?
Donnez à ce chantier un responsable et une échéance interne bien avant l'échéance légale. Les organisations les plus avancées le traitent comme un changement de processus doté d'une composante technique, et non comme un projet informatique, car les décisions les plus longues, comme l'enregistrement en tant que partie utilisatrice ou le choix entre construire et acheter, exigent quelqu'un qui décide et pas seulement qui exécute.
Quelle est la différence entre les services de confiance eIDAS et le wallet ?
Le wallet détermine comment une attestation parvient à l'autre partie et comment son titulaire choisit ce qu'il révèle. Les services de confiance, comme les signatures électroniques qualifiées, les cachets, les horodatages et les attestations d'attributs, sont ce qui donne ensuite une valeur juridique au contenu. La plupart des organisations finissent par utiliser les deux ensemble.
Que se passe-t-il si nous ne sommes pas prêts à temps ?
Les États membres fixent eux-mêmes les sanctions en cas de manquement au règlement, et celles-ci doivent être effectives, proportionnées et dissuasives. Pour la plupart des organisations, le premier coût arrive plus tôt et il est commercial plutôt que juridique : une contrepartie capable de prouver quelque chose en quelques secondes se voit demander de téléverser un scan, et un concurrent l'intègre le jour même.
Qu'est-ce que le European Digital Identity Wallet ?
Le European Digital Identity Wallet (EUDI Wallet) est l'infrastructure obligatoire qu'eIDAS 2.0 impose à chaque État membre de mettre à disposition. Il permet aux citoyens et aux organisations de stocker, présenter et vérifier des credentials tels que les immatriculations d'entreprise, les attestations de conformité fiscale et les qualifications professionnelles, sans recourir aux documents papier ni aux e-mails.
Quel est le lien entre eIDAS 2.0 et le RGPD ?
eIDAS 2.0 et le RGPD se renforcent mutuellement. Les credentials restent dans le wallet du détenteur plutôt que dans un registre partagé, et le détenteur ne divulgue que les attributs dont le vérificateur a besoin, ce qui favorise la minimisation des données prévue par le RGPD tout en répondant aux exigences de wallet fixées par eIDAS 2.0.
La Business Wallet de Credenco est-elle conforme à eIDAS 2.0 ?
Oui. La Business Wallet met en œuvre les W3C Verifiable Credentials et OpenID4VC pour l'émission et la présentation des credentials, et vérifie la confiance des émetteurs par rapport aux listes de confiance eIDAS de l'UE, de sorte que chaque credential émis via Credenco bénéficie de la confiance fondée sur des standards exigée par eIDAS 2.0.
À lire ensuite
Partie utilisatrice
Ce que signifie être la partie qui demande des données à un portefeuille, et ce que ce rôle impose.
Relying Party Registration Certificate
Comment une partie utilisatrice enregistrée prouve à un portefeuille quelles données elle a le droit de demander.
European Business Wallet
Le portefeuille des organisations : attestations d'entreprise, mandats et personnes habilitées à agir pour elle.
eIDAS 2.0 dans le glossaire
La définition courte, les rôles créés par le règlement et son articulation avec le cadre de 2014.
Approfondissement technique
Les développeurs et les architectes trouveront le détail de l'intégration, de l'émission d'une attestation à la vérification d'une présentation, dans notre documentation technique. Lire la documentation technique